Comme il a plu intensément durant une semaine la semaine dernière, je me suis plongé dans plus de livres qu'à l'habitude et, surtout, j'ai pu mettre la main sur LE livre de Charles Darwin, The Origin of Species by Means of Natural Selection or the Preservation of Favored Races in the Struggle for Life, paru le 24 novembre 1859.
Je n'avais pas encore lu l'ouvrage en anglais et, un peu comme War of the Worlds de H.G. Wells, je suis enchanté par la prose truculente qui rend le livre beaucoup plus intéressant que la majorité des traités de biologie de l'époque. Le style affirmé et réservé à la fois, avec élans de doutes et de certitudes, ne manque pas d'intéresser le lecteur.
J'en suis au Chapitre III - Struggle for Existence, mais il y a un passage du livre que j'ai trouvé très à propos. En p.29 de la 2e édition, dans la section "Unconscious Selection" voici ce que ça donne :
"If there exist savages so barbarous as never to think of the inherited character of the offspring of their domestic animals, yet any one animal particularly useful to them, for any special purpose, would be carefully preserved during famines and other accidents, to which savages are so liable, and such choice animals would thus generally leave more offspring than the inferior ones; so that in this case there would be a kind of unconscious selection going on. We see the value set on animals even by the barbarians of Tierra del Fuego, by their killing and devouring their old women, in times of dearth, as of less value than their dogs."
Quand je suis tombé sur ce passage, je suis aussi tombé sur cette nouvelle et j'ai appris qu'on avait dépensé je ne sais pas combien de milliers de dollars pour cette opération...
Comme quoi, plus ça change, plus c'est pareil...
Qu'est-ce qui est plus craquepote que le Parti libertarien et le Parti de la Loi naturelle réunis?
Le Parti de la Thermodynamique!
La Méditation Kelvinienne va soulager les États-Unis de tous les maux sociaux qui la minent, ou presque!
Le gouvernement des États-Unis semble vouloir s'embarquer dans un projet qui devrait alarmer plus d'un citoyen consciencieux. Non je ne parle pas de bourrer encore plus les tribunaux du pays de craquepotes de droite (comme s'il n'y en avait pas déjà assez...) ou de donner des nananes financiers aux macromendiants comme Boeing ou Halliburton, mais bien de passer une loi sur " l'uniformisation " pour le traitement de la nourriture. Cela peut sembler un voeu pieu, mais comme l'explique si bien le Consumer Report, une uniformisation au niveau fédéral entraînerait non seulement encore plus de pertes de diversité génétique mais signifierait la possibilité de se faire refiler de la cochonnerie par les méga-entreprises de production alimentaire (comme Heinz) et une population sans recours contre les empoisonnements alimentaires. Une analyse un peu plus pointue se trouve ici.
Où est le danger pour les Québécois et les Canadiens, me direz-vous? Eh bien, il se trouve qu'une très grande proportion des produits alimentaires que nous consommons proviennent des États-Unis, et que les Chinois consomment une très large part des produits de soya issus de U.S.A. ... Ka-ching! Essayez donc de ne pas acheter/manger de produits alimentaires provenant des États-Unis pendant une semaine... vous m'en direz des nouvelles.
Une épidémie de choléra s'est déclarée en Angola, et on dénombre jusqu'ici plus de 1 000 victimes. Les trente années de guerre civile ont dévasté les infrastructures du pays, ce qui comprend évidemment les installations sanitaires... Un gusse de la BBC fait son Clueless George :
Despite an oil-fuelled 20% economic growth rate, Angola's crowded slums lack adequate water and sanitation.
Ben oui, hein? C'est étrange que, malgré TOUT ce pétrole et une croissance économique de VINGT pour cent, les gens sont quand même dans la mouise...
Le gusse vivait sous une roche les trente dernières années, et il a pas compris que, quand on se relève d'une guerre civile, tout est à refaire. Par contre, tout ce pétrole ne servira pas à construire des réseaux d'aqueduc si ce sont des entreprises étrangères qui empochent la majorité des profits. Ah, mais j'oubliais, voyons, y en a pas de problème... comme par magie, le MARCHÉ va s'occuper de ça tout seul...
Haven't been hearing about US waging war with Iran much, lately.
Either the pansies that overwhelmed the Federal government -- and just implemented yet even more pork barrel policies -- have lightened up and saw that it was sheer folly or they're brewing yet another sinister plan to draw us all deeper in the muck.
The most moronic argument those jerkwads (that like to call themselves Republicans but are actually just neo-con pseudoaristocrats) came up with was to use a nuclear weapon called "bunker buster" so as to destroy the enemy (i.e. Iran's) facilities that are supposedly hidden deep underground in Isfahan and the surrounding province. Skipping over the fact that nuking a country to prevent it from developing nukes is a hard one to swallow (not hard for most geographically impaired Americans) we must ponder on the possible consequences for the use of a small nuclear device on bunkers and hidden underground chemical weapons caches : nuclear weapons emit radiations and those radiation would affect areas AROUND Iran. What are those areas around Iran? Well, Saudi Arabia, Pakistan, Afghanistan, India... How would the peoples affected by the fall-out react? Newsflash : that area is one hotbed for Muslim Anti-US extremists. Check out the possible damages. And that's just the physical damage...
This is a scientific calculation, not some dreamed-up fallacy by some fancy, smarmy neo-con with a bowtie that lives in FantasyLand where cheap oil will always be available.
Je ne suis pas reconnu comme un homme d'action. Je ne sais pas ce qu'être un "homme d'action" implique au juste mais si c'est de ne jamais réfléchir et de seulement agir en toute situation, peu importe laquelle, alors je ne suis pas un homme d'action.
Le doute m'habite depuis que je suis tout petit, entrecoupé de quelques périodes de naïveté et de volonté d'accepter les autres, parfois les choses, commes ils sont; par contre, je suis rarement quelqu'un qui reste les bras croisés devant une situation quelconque, et bien que je suis parfois pas trop certain du cours des choses, je suis aucunement un élément passif de mon environnement.
D'ailleurs, récemment j'ai fait mentir ceux qui disent des intellectuels qu'ils "pensent trop et n'agissent pas assez". L'état de la cour arrière avant et après mon travail serait suffisant pour vous convaincre mais je vais utiliser un exemple beaucoup plus intéressant pour illustrer mes propos.
Tout a commencé un après-midi de printemps, lorsque j'ai été chercher mon fils de 5 ans à l'école publique de mon quartier. J'ai vu les petiots et mon fiston assis en rangs d'oignons devant un téléviseur, bien rivés à l'écran qui diffusait un Tintin. Un peu déçu et surtout un peu frustré d'apprendre que mon fils, que j'essaie de dissuader de l'idiot box comme l'appellent les Anglos, passe du temps aussi à l'idiovisualité à l'école...
Mais au lieu de chiâler ou de tempêter sur place, ou encore pire, de parler dans le dos de l'institutrice, j'ai décidé d'agir. J'ai concocté un plan que j'ai suggéré et il a été aussitôt accepté. J'ai prévu une visite le vendredi 7 avril et, sans filet de sécurité, je me suis présenté en classe un après-midi et j'ai effectué ma prestation devant 19 bambins, y compris mon fils.
La performance avait pour thème les arbres, et visait à susciter le questionnement : à quoi sert un arbre? Pourquoi les arbres ont des feuilles, d'autres des aiguilles, pourquoi il y en a en ville? etc. C'était divisé en trois sections, chaque section comportant un "mode d'action" différent.
En premier, j'ai fait un stand-up comique en mime électrique, c'est-à-dire en racontant une histoire avec des gestes et des bruits entièrement fabriqués par moi-même. La trame faisait entrer en jeu un gusse qui tentait, sans succès, d'abattre un arbre avec tous les moyens possibles : hache, scie, tronçonneuse, fil chauffant, dynamite. À la fin il se fait un pique-nique sous l'arbre qui le protège de la pluie... Les enfants étaient ensuite conviés à expliquer l'histoire en leurs propres mots, sans imiter les bruits ou les gestes.
Enfin, on terminait en faisant dessiner les enfants, qui illustraient soit l'arbre qu'ils s'imaginaient dans mon histoire, soit l'arbre qu'ils aimeraient avoir derrière leur maison.
En entendant l'hilarité des petits pendant la première partie, je me suis dit que j'avais pas tout faux, puis quand les petits ont dessiné, j'ai bien vu qu'ils avaient aimé ma prestation. L'institutrice m'a demandé combien de temps j'avais mis pour préparer l'intervention et elle a été surprise d'apprendre qu'en réalité, j'avais tout improvisé! Mais le clou du spectacle, ça n'a pas été de rendre mon fils fier d'avoir un papa-clown, mais de faire réagir un enfant autiste, présent pendant ma prestation au début. Tout au long de l'année on avait un enfant autiste dans la classe une fois par semaine et je ne le savais même pas. Eh bien pour une rare fois, il a réagi.
Fort de cette expérience, je projette refaire le même genre de truc dans une autre classe ou même une autre école.
- "Bonjour monsieur, je suis *** de Vidéotron. Je crois que vous avez accès à Internet haute vitesse ?"
- "En effet, j'ai ce service à mon domicile et vous êtes mon fournisseur... Est-ce qu'il y a un problème?"
- "Non, nous voulons vous offrir un meilleur service. Il s'agit d'Internet vitesse Extrême, avec upload et download illimités et une vitesse accrue, et ce sans frais supplémentaires."
- "Ah? Sans frais supplémentaires? Vous voulez dire que je paierais le même prix que pour mon service actuel?"
- "Vous auriez accès à un service plus rapide et aucune limite de téléchargement. Au lieu d'avoir votre service actuel, qui limite vos téléchargements en faisant appliquer des frais, le service Internet vitesse extrême vous est offert pour seulement 60 dollars et..."
- "Donc il y a des frais supplémentaires quand même, puisque je paie actuellement 45 dollars par mois pour le service actuel."
- "Oui, mais..."
- "Ça m'est arrivé quelques fois l'an dernier de dépasser ma limite de taux de téléchargement mais cela n'a pas augmenté ma facture annuelle de manière substantielle... Autrement dit, je n'ai pas d'avantage à payer À CHAQUE MOIS un supplément qui ne me servirait qu'un ou deux mois par année. Vrai?"
- "Oui, mais il se trouve que la vitesse de téléchargement serait bien plus élevée et..."
- "Ça c'est pas sûr, et dans le fond, la vitesse c'est pas ça qui me dérange, ni la quantité de téléchargement non plus. En fait, ce qui ferait mon affaire, c'est l'élimination du 'downtime'. Si vous pouvez me vendre un forfait qui élimine totalement le downtime, je suis prêt à payer plus cher. Est-ce que vous êtes en mesure de me garantir une absence de downtime?"
- "Monsieur, c'est que..."
- "Je vous pose une question : 'Est-ce que Vidéotron a un service qui permet l'absence totale et en tout temps de downtime?' Est-ce que vous pouvez me garantir un tel service?"
- "Non monsieur, je ne peux vous garantir que le..."
- "Alors votre offre ne m'intéresse pas, merci et bonne journée."
- "Au revoir."
*CLICK*
Guy Chevrette a été entendu par yours truly à la radio de Radio-Canne dernièrement, relativement à la réponse toute audiovisuelle à l'Erreur Boréale, ce docu-drame signé principalement Richard Desjardins mais surtout Robert Monderie.
Donc, près de 7 ans après la sortie du film, Chevrette, en pourfendeur d'écolo-gagas qu'il semble devenu, le pdg du CIFQ, effectue une sortie en règle, fort d'un document appuyant ses arguments. Appuyer quoi, je me le demande bien parce que, à l'entendre, Chevrette n'a pas encore digéré le film L'erreur boréale après tout ce temps. Avant d'arriver à des vrais arguments, à la fin de l'entretien, tout ce que l'on retient de l'ex-ministre péquiste c'est qu'il est en beau joual vert contre Desjardins et que lui il n'insulte pas les gens, noon môôssieu... Il pestait aussi contre tout ce qui est "anti-développement" et "contre la logique économique". Je croyais entendre un sénateur du Montana ou du Dakota (du Sud ou du Nord, peu importe).
Après avoir répété ad nauseam que lui n'insultait pas l'adversaire "comme un auteur et poète qu'on connaît bien" arrivent enfin des chiffres (nous sommes bien dans la logique de l'économie, non?) et... bof. Chevrette parle de 150 000 emplois et de 250 municipalités pour un chiffres d'affaires de 3 milliards. Tout cela a l'air bien impressionnant mais, comme toute statistique lancée en l'air, il faut bien voir qui l'a lancée et surtout COMMENT. D'abord, les 150 000 emplois sont directs, indirects et INDUITS, donc, autrement dit, Chevrette parle de la totalité des emplois liés à cette économie primaire. D'une part, sur ces emplois, les emplois directs, c'est-à-dire les emplois des travailleurs du bois EN FORÊT, si on se fie à ce fichier .pdf de Statistiques Canada, c'est à peine 10 000 emplois. Si on ajoute à ces emplois ceux de la fabrication du bois (~40 000) et ceux de la fabrication de papier (~30 000), on a au total 80 000 emplois. Mais la réduction de la coupe au Québec ne signifierait pas nécessairement la perte de la totalité des 70 000 emplois, il faut le rappeler, parce qu'on peut IMPORTER du bois pour l'usiner et le transformer... Cette somme pâlit devant le chiffre total de l'industrie manufacturière au Québec, qui d'ailleurs diminue lentement en raison justement des plus grandes sommes allouées à l'extraction des ressources naturelles et à l'agriculture... 70 000 emplois sur 536 000, c'est à peine plus que un septième des emplois. De plus, on voit que le chiffre avancé pour la contribution à l'économie par Chevrette est inexact -- 3 milliards de dollars -- et que si on observe l'importance de l'industrie forestière en regard du reste du P.I.B., on voit que c'est une portion infinitésimale de l'économie; surtout l'industrie de base (les moulins à scie) 0,6 %... ! Même l'ensemble de l'industrie forestière, qui peut se passer (et qui se passe déjà!) du bois québécois compte pour 4,3 % du total de l'économie.
Chevrette joue la carte surusée des emplois perdus en oubliant de mentionner au passage que même dans les pays où les forêts sont extrêmement bien gérées (comme en Suède et en Finlande) l'industrie bat de l'aile. Au Québec, n'importe qui avec une connexion Internet peut aller sur Google Maps et constater l'ampleur des dégâts de la surexploitation forestière par les grosses compagnies comme Tembec, Domtar -- pour ne nommer que celles-là -- de par les dispositions de l'appareil législatif québécois en la matière. Cette carte de la "perte de l'emploi" je l'ai déjà vue sur la table des bonzes de l'industrie du tabac qui pleuraient des larmes de crocodile comme quoi ils "contribuaient à l'économie du pays" ou encore les ventrus à la tête des grandes minières qui utiilisent des techniques surannées comme l'extraction de l'or au bain de cyanure et qui refilent la facture aux citoyens des années après l'épuisement du gisement qui leur a rapporté des milliards de piasses.
Si l'industrie forestière laisse la place à d'autre chose, tant mieux. Le développement économique ne passe pas par les régions éloignées et les petits villages qui dépendent d'un moulin à scie, comme Belleterre par exemple. Ce ne sont pas des VECTEURS économiques et encore moins des ACTEURS du processus mais de simples figurants. C'est cruel mais c'est ainsi et cet arrangement remonte à la nuit des temps.
Il est préférable de ne PAS subventionner cette industrie, surtout pas les grandes compagnies (qui n'en ont pas vraiment besoin) et de réinvestir le capitale à Montréal, la seule véritable force motrice du développement économique au Québec, ou à tout le moins investir dans les quelques villes qui ont le potentiel de se développer une économie urbaine, comme Sherbrooke, Drummondville ou même Chicoutimi. Réinvestir dans les villages comme Desmaraisville, Miquelon, j'en passe et des meilleurs, dans aucune des 250 municipalités mentionnées par Chevrette qui reçoivent DÉJÀ plus qu'assez d'argent du gouvernement central par rapport à ce qu'elles lui donnent, c'est investir dans des transactions de déclin.
Quand on regarde ce qui se passe sur le terrain, ce sont les petites scieries qui se portent le mieux, pas parce qu'elles sont nécessairement plus productives ou qu'elles sont mieux gérées, mais parce qu'elles effectuent des économies d'échelle en ne payant pas des cadres, des technocrates et des ingénieurs pousse-crayon ET SURTOUT des p.r. zealots. Si aide il doit y avoir, elle doit être exclusivement dirigée vers ces PME.
L'autre aspect de l'industrie forestière sur lequel Chevrette et Desjardins sont d'accord, et j'ai été surpris agréablement par Desjardins lorsqu'il a cité des chiffres plus précis sur cette question au moment où il a pris la parole, c'est la sylviculture. Malheureusement pour Chevrette et les gens des régions, la sylviculture de l'avenir doit se tourner non pas dans le fin fond de la Baie James ou de la Côte Nord mais plutôt vers des solutions pour développer des essences résistantes au sein des environnements urbains. Surtout, la sylviculture québécoise doit abandonner les vélléités de monoculture que même certains ingénieurs forestiers jovialistes de l'université Laval veulent poursuivre, oubliant que la forêt, c'est un ÉCOSYSTÈME d'abord et avant tout.
En conclusion, Chevrette agit en rond-de-cuir qu'il est; autrement dit, qu'il soit pour la CIFQ, le ministère du bois et du papier pas recyclé, ou encore député de Saint-Glinglin, he does not get the big picture. Il ne voit que les arbres qui ca$h la forêt...