juillet 01, 2007
{~} Xianggang hui gui 1997-2007 {~}

La rétrocession de Hong Kong a déjà 10 ans. Ayant assisté à cette cérémonie presque en direct, de Beijing dans un des coins les plus mal famés de la ville, pour ensuite aller assister aux feux d'artifice colossaux lancés en l'honneur de cet événement très attendu par les Chinois de Dalu (du Continent).

Mes premiers instants en Chine ont été plutôt déstablisants, non pas en raison de la faiblesse de mon vocabulaire en putonghua tant que par la quantité de néons et l'étendue incroyable de la ville, par la quantité de bicyclettes. J'étais déjà habitué à voir de la grosse misère en raison de mes escapades dans la basse ville de Québec, et la pollution industrielle, comme j'avais déjà visité Sudbury et habité Rouyn-Noranda, ne m'a pas impressionné outre mesure.

Non, un des traits de la culture chinoise les plus difficiles à accepter pour moi fut sans conteste le racisme institutionnalisé des Chinois. La capacité de comprendre les dialogues quotidiens de l'Empire du Milieu et ma propension à me faire des amis peu importe la provenance géographique m'a donné l'occasion de me rendre compte qu'une très grande majorité de Chinois cultivent un ethnocentrisme exacerbé, une façon pas toujours subtile de faire sentir une hiérarchie entre les tons de couleurs de peau.

Les quelques jours précédant la rétrocession de Hong Kong à la Chine, il m'a été donné d'assister à des diatribes parfois virulentes face à l'impérialisme. Bien sûr que le territoire contesté par la Chine a été arraché par les Anglais par la force, en obligeant la Chine à acheter l'opium des Britanniques, mais ce territoire ne serait encore qu'un marais fétide parsemé de villages de pêcheurs si les Anglais n'en avaient pas pris possession illégalement.

Cette institutionnalisation prenait même la forme de concours oratoire universitaire où certains prenaient un malin plaisir à déverser leur fiel sur le colonisateur tout en vantant la supériorité morale du colonisé... Le tout habilement confiné dans des louanges pour l'arrangement trouvé par le Parti communiste chinois : un pays, deux systèmes...

Heureusement, tout le monde était à la fête quand les feu d'artifices se sont mis à zébrer le ciel de leurs immenses fleurs sulfureuses. J'ai dormi dans un taudis, sur le bord d'une crique toxique, en pensant à la page d'histoire qui venait d'être définitivement tournée.

Posted by phonono at juillet 01, 2007 10:08 PM
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