La compagnie qui veut que vous pensiez différent a avancé un autre pion en s'assurant qu'un de ses produits-vedette, le iTMS, ait pignon sur rue au pays du Soleil levant.
Est-ce que les Nippons seront aussi dupes que les milliers (ou les centaines?) de personnes ailleurs dans le monde riche qui se sont inscrit à ce service-pour-vendre-plus-de-iPods? Encore aujourd'hui, je considère que le service offert par Apple est loin de nous permettre de nous sortir de ce bourbier qu'est l'industrie moderne de la musique. Non seulement par iTMS retrouvons-nous les mêmes chefs de file de l'arnaque harmonique mais en plus c'est présenté dans un fouillis inextricable, une bouillie indigestes de "grands" noms de la "musique" classés selon les mêmes critères qu'on retrouve dans les vendeurs de plastique cheap a.k.a les magasins de disques.
Mais le pire dans tout ça c'est qu'on dirait que personne n'a remarqué l'iniquité de vendre TOUTES les chansons d'un album le même prix. D'une part, face à l'aspect de la durée... _aucune_ chanson n'a exactement la même durée que l'autre. Ainsi, selon iTMS, on peut acheter des soubresauts sonores du Naked City de 20 ou 30 secondes, le MÊME prix qu'une suite de Sibelius de 34 minutes.... Où est la logique??? Si un album ne possède qu'une seule pièce de 30 minutes, va-t-on obliger l'artiste à subdiviser cette pièce en plus petits morceaux pour en faciliter la vente?
De même, plusieurs chansons comportent des silences. Ce qui implique que l'on achète du silence... Et si une pièce, c'est une ou deux minute de silence comme sur Ciccone Youth ou Soundgarden (Ultramega OK) ? Je crois que quelqu'un a déjà remarqué le non-sens de la chose, en affichant un fichier mp3 de silence sur l'album Ciccone Youth, gratuitement sur son site après l'avoir acheté sur iTMS.
Ces deux éléments se rajoutent au problème qui n'a pas été réglé par Apple, celui de l'hégémonie des majors. Car, tant qu'à aplanir horizontalement de façon égale le coût par toune, pourquoi ne pas aplanir aussi horizontalement l'affichage par artiste ou par étiquette en laissant autant de place à une étiquette mineure comme Lookout! et une mégacorpo comme Warner.
Même son de cloche pour Archambaultzik.ca où la seule différence, c'est le format, _encore unique_ c'est-à-dire Windows Media (le Québec entier est vendu au géant Microsoft, on dirait...) Où sont les possibilités? Où est la variété? Elle est quasi-inexistante. La division des genres suit aussi l'orthodoxie imposée par l'industrie du disque. Un artiste peut-il vendre ses trucs DIRECTEMENT sur le site au lieu de passer par un label? On vend du boring à satiété.
La seule solution logique, c'est que chaque maison de disque développe son propre système de distribution en ligne mais que les règles soient dictées par un organisme indépendant. Ainsi, cela forcerait l'innovation et la compétition. Comme c'est présentement, on a échangé vingt-cinq sous pour un dollar, autremendt dit un oligopole pour un oligopole...
Posted by phonono at août 05, 2005 07:07 AM