L’idée d’aller au parc Hemmingford ne me plaisait pas du tout. J’anticipais avec appréhension cette attraction de campagne/banlieue. Les seuls souvenirs que je gardais de ma seule autre visite, en 1973, c’était de m’avoir mouillé le fond de culottes sur un toboggan et de nous être faits secoués par des babouins.
Une idée toute faite de mon père, nous nous sommes dirigés immédiatement dans le circuit censé faire l’honneur de Hemmingford, où on pouvait circuler « librement » parmi des animaux « en liberté », un concept à priori très intelligent…
Sauf que les créatures les plus intelligentes du secteur, c’était ni les obèses dans leur Pathfinder en train de griller une cig et espérant que les rhino amorphes ou les zèbres en profonde méditation auraient daigné approcher ces répugnants banlieusards. Non, les créatures les plus intelligentes, c’étaient les goélands, qui suivant à pied les véhicules se suivant pare-chocs à pare-chocs dans l’espoir de récuperer quelque morceaux de bouffe éparpilées par accident. En parlant de file de véhicules collées, c’est à se demander quel est le plaisir des vacances et ou est l’échappatoire si le seul but c’est de se retrouver sur une route sinueuse entouré de fourgonnettes?
Le but du parc Hemminford est de nous immerger dans un environnement censé ressembler le plus à ce que l’on retrouve en Afrique. Ils ont réussi puisque nous sommes dans un véritable dépotoir où l’espèce dominante est l’homme et le haut du chaînon est occupé par le goéland, sur des mottes de terre autour d’étangs asséchés.
Je crois tellement à l’illusion, surtout avec cette musique de bamboulé crachée par la stéréo de la fourgonette…
Quel formidable gaspillage de pétrole, qui se retrouve suspendu dans l’atmosphère environnante. À tel point que je suis surpris que les animaux ne sont pas en train de développer l’emphysème ou de l’asthme.
Ce type d’établissement ne nous aide aucunement à comprendre quoi que ce soit sur ces animaux qui, finalement, sont probablement tous nés ici même en captivité. Aucun accompagnement audio ne nous fournit d’informations sur les animaux et leur comportement, ni sur leur véritable nourriture. Est-ce qu’ils font des feux avec les crottins des animaux? Est-ce qu’ils laissent les animaux se reposer de tout ce cirque parfois?
Quant à l’intérêt pour des enfants de ce dépotoir à circuit de (gas guzzlers) une question de mon fils résume bien la situation : « Est-ce que je peux revenir chez moi? », pendant que, dans la voiture d’à côté, un garçonnet de 8 ans s’amuse sur son Game Boy advance. Et que les chars « n’advancent » pas.
Heureusement, la deuxième partie de la visite a effectué une véritable rédemption de cette sortie de la cité. D’abord, la série de tunnels vitrés et des passerelles suspendues, parcourus en marchant, ainsi qu’un sentier serpentant à l’ombre de quelques conifères, parmi des daims, ont détourné mon attention des nombreux enfants ventripotents et des parkings de bitume cuisants couverts de buvards à or noir.