juillet 21, 2005
{~} Manque de forces {~}

Je suis tombé sur un magazine appelé Forces, par hasard, à la bibliothèque de mon Université. En titre secondaire de cette revue : Les forces des régions (avec, en anglais, en dessous, Regional assets)
C'était assez intrigant de lire cette revue qui se veut "La voix internationale du Québec".

D'abord, ce qui frappe, c'est la quantité de publicités. Quelques pubs et infopubs de la part du gouvernement du Québec (briller parmi les meilleurs, un double page sur notre premier ministre frisé favori) Mais encore plus révélateur, ce sont les pubs du Cirque du Soleil, de Power Corporation, Hydro-Québec, Hélimax... beaucoup d'entreprises de Montréal.

Quelques entreprises des régions avaient leur pub dans cette revue, essentiellement des entreprises misant sur les ressources naturelles ou exploitant une niche déjà bien établie dans les régions respectives (mines en Abitibi-Témiscamingue, aluminerie au Saguenay-Lac Saint-Jean, papier et pâtes à Trois-Rivières, etc) ou alors les centres de formation devenue entreprises du capital gris que sont les universités régionales. (capital gris au sens de matière grise et recyclage des baby-boomers)

D'ailleurs, on voit que la convergence du marketing *tousse* des entreprises est à peu de choses près achevée, quand on regarde la frappante similitude des pubs de STAS (Société des technologies del'aluminium du Saguenay inc.)
et de la Société de développement économique de Sherbrooke...

Des fois je me demande sérieusement que font des pubs dans une revue consacrée aux régions, des annonces comme celles d'air Canada (qui a abandonné les régions) ou de Gregory Charles (a-t-il développé des écoles de chant en région? On n'en parle pas dans sa pub)

Ce qui ressort de cette revue très orientée Amériques (deux sommaires en espagnol et en portugais viennent compléter la version bilingue insérée parcimonieusement dans la revue) c'est que les régions doivent compter encore sur les ressources naturelles et les secteurs primaires et secondaires pour survivre.

L'essentiel de la vie économique se passe en ville et ce sont les villes qui sont le véritable moteur de changement et d'innnovation. L'article qui me titille le plus pour penser comme ça, c'est le petit article sur les produits du terroir.
Dans cet article, on mentionne l'histoire de la députée bloquiste Denise Poirier-Rivard, une citadine qui est retournée vivre à la campagne il y a 20 ans, à Hemmingford, et qui fabrique un fromage artisanal de renommée nternationale.

Je ne crois pas que madame Poirier-Rivard aurait pu développer son entreprise si elle était restée tout ce temps à Hemmingford, une localité près de Montréal, ni si elle avait choisi de développer son produit en "banlieue" de Roberval ou de Rimouski. Présentement, ce sont les citoyens des grandes villes qui cherchent à avoir une alimentation plus saine et qui forment le gros des acheteurs du produit. Pas que les citoyens des petites villes sont encore dans le mode « survival food » qui sévissait jusque dans les années 1970 mais ce n’est pas la majorité de la population qui embarque.
Deuxièmement, c'est en ville que l'on apprend beaucoup d'information concernant une tradition inexistante au Québec, pour ensuite l'implanter dans les campagnes.

Pas l'inverse.

Posted by phonono at juillet 21, 2005 10:34 AM