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  <title>MontréaLAID</title>
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  <modified>2006-01-14T19:36:32Z</modified>
  <tagline>Montréal est une des grandes villes du monde, une ville importante mais en déclin.
Voici quelques raisons et diagnostics de ce déclin par un citoyen ordinaire mais insquisiteur</tagline>
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    <title>Réouverture - MontréaLAID</title>
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    <summary type="text/plain">J’ai décidé de rouvrir la section MontréaLAIDs au risque de perdre des plumes. En fait, je crois qu’il est de mon devoir à titre de simple citoyen qui en a vu tout plein d’expliquer ce que je vois en spécifiant...</summary>
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    <dc:subject>général</dc:subject>
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      <![CDATA[<p>J’ai décidé de rouvrir la section MontréaLAIDs au risque de perdre des plumes. En fait, je crois qu’il est de mon devoir à titre de simple citoyen qui en a vu tout plein d’expliquer ce que je vois en spécifiant sous quel angle je le vois.</p>

<p>Une de mes premières impressions de Montréal den arrivant de Québec, c’est cette « odeur » de désolation, surtout lorsqu’on passait par le pont Jacques-Cartier, dans les années 1990. Plusieurs fois j’ai eu l’impression que ce que je voyais était le résultat de la mauvaise gestion d’une grande ville au passé glorieux déjà lointain. Même en venant au centre-ville, sur la Sainte-Catherine, tout ce que je voyais, c’était une désolation enserrant quelques îlots de volonté de survivre quelque peu désinvolte. Avec tristesse entremêlée de colère, je voyais le même scénario vécu dans le centre-ville de Québec et de ma ville natale, Rouyn-Noranda, se répéter au cœur de la Métropole. </p>

<p>Mais, invariablement, lors de mes périples de Québec à Montréal, un élément particulier, détonnant d’avec le reste du paysage urbain, fascinait mon intellect d’observateur insatiable. Certains l’appelaient la tour <a href="http://www.jcloth.com/">Chiffon J</a>, du nom du célèbre torchon bleu inventé pour les ménagères infatigables, d’autres la Maison Radio-Canada…</p>

<p>Cette tour me rappelait vaguement un autre édifice, mais je ne pouvais dire exactement lequel. J’ai longuement pensé à tout ce qui pouvait bien s’y trouver et, à l’époque, j’ignorais complètement son histoire et les circonstances entourant son origine. Une chose est sûre, j’ai immédiatement été quelque peu mal à l’aise de voir cette tour toute droite juchée au beau milieu d’un immense stationnement…</p>

<p>Après m’être installé dans le secteur de la Maison Radio-Canada, j’ai été lentement exposé à toute l’histoire qui y est rattachée, apprenant par bribes ce qu’avait impliqué la construction de cette horrible tour de briques brun foncé. En fait, tout le secteur entourant cette tour m’apparaissait bien moribond, et la raison de cette constatation, c’est l’ampleur de la destruction causée par la véritable révolution opérée au cours des années 1960, au nom du progrès et supervisée par un des personnages les plus mégalomanes de l’histoire du Québec, un petit avocat du nom de Jean Drapeau.</p>

<p>En observant la tour de plus près, un certain jour d’été 2000, j’ai été soudainement frappé par le type d’organisation du terrain, qui rappelait en fait des plans et des maquettes assimilés lorsque j’étais adolescent, surtout des vieilles planches de <A HREF="http://www.fondationlecorbusier.asso.fr/">Le Corbusier</a>, concernant <a href="http://www.fondationlecorbusier.asso.fr/vr.htm">la Ville Radieuse</A>. En fait, se dressant devant moi, j’avais exactement le type d’occupation du territoire et un style de vie défendu par l’architecte français : une grande tour de plusieurs étages plantée au milieu d’un grand « jardin » et d’un stationnement à ciel ouvert, entourées de voies rapides. À l’époque, c’était ça la voie de l’avenir. C’était <a href="http://www.fondationlecorbusier.asso.fr/briey.htm">ça</a> les constructions du futur… une « fenêtre sur l’An 2000 ».</p>

<p>Je me trouvais là, en ce mythique an 2000, devant cet édifice, mais je ne voyais personne profiter du « parc », la moitié du stationnement était vide (l’autre moitié était pleine) et autour de moi, peu de vie, peu d’acitivités. Le soir c’était pire. Mais c’était que la pointe de l’iceberg. La vraie tragédie n’était pas le résultat mais ce qui a été effacé pour donner ce résultat. Tous les logements détruits (l’équivalent d'une petite ville au grand complet…) pour laisser la place à un grand stationnement et une tour en briques brunes. Toutes ces personnes expropriées et déplacées sans possibilité de recours ou de remise en question – au nom du progrès, évidemment. Ceci sans compter les expropriations pour l’autoroute Ville-Marie et le boulevard Dorchester (aujourd'hui René-Lévesque) pour desservir les futurs occupants de la Tour.</p>

<p>Cette situation devait se multiplier plusieurs fois au cours des années suivantes, fruit d’une belle connivence entre le milieu des affaires et le milieu politique. Cela a entraîné l’épiphénomène que nous vivons tous aujourd’hui : manque cruel de logements pour les personnes à faible revenu, perte de diversité du milieu économique donc stagnation et récession économique (en créant des « poches » ou des quartiers à vocation exclusivement résidentielle, commerciale et industrielle) mainmise du territoire par des promoteurs immobiliers désireux d’imposer des solutions toutes faites pour maximiser leurs profits, donc homogéinisant encore davantage le paysage urbain en banlieusardisant à la fois la campagne et le centre-ville, aggravant donc encore plus l’aliénation et l’isolation des citoyens.</p>

<p>La Maison Radio-Canada est un des vestiges de cette époque révolue d’optimisme débridé doublé d’une volonté de « nettoyer » la ville de poches de pauvreté, processus dirigé par un maire sans scrupules persuadé d’agir au nom du bien public; l’ironie du sort, c’est que le processus a entraîné la précipitation de la paupérisation et l’endettement de Montréal par la fuite des populations vers des endroits moins instables (dénués d’autoroutes et de démolitions arbitraires), paupérisation et endettement qui ont trouvé leur paroxysme avec les installations olympiques de 1976.</p>

<p>Toute cette destruction rien que pour un été, que dis-je, deux semaines de vanité, qu’on n’a pas encore fini de payer.</p>

<p>Et faut croire que l’histoire se répète, si on en juge par la réaction de jovialisme face au projet conjoint Loto-Québec/Cirque du Soleil. Y a pas à dire, quand le gouvernement et le milieu d’affaires mêlent leurs intérêts, c’est le citoyen ordinaire qui en paie le prix, souvent de sa vie…</p>]]>
      
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