Jesu - Conqueror (Hydra Head) 2007
Après un lent et pénible déclin de l'aventure Godflesh au cours de la deuxième moitié des années 1990, culminant avec le départ de G. Christian Green au poste de bassiste, Justin Broadrick a entrepris de redonner un nouveau souffle à sa carrière, que dis-je, à la ressusciter, avec le projet Jesu. La suite de Godflesh, Jesu... get it?
Après deux EPs qui n'ont pas manqué de nous intriguer, Jesu revient cette fois avec un album en bonne et due forme et un détour vers un son encore plus pop sans toutefois s'éloigner de la lourdeur prévalente et du rythme chélonien. Ted Parsons, batteur de renom (Prong, Swans) reprend les baguettes et s'avère le candidat idéal pour faire avancer le véhicule de Broadrick, qui évolue cette fois encore plus franchement dans les eaux de My Bloody Valentine, non pas en terme de degré d'abrasion des guitares mais plutôt en termes de couches sonores et de l'atmosphère plus foncièrement éthérée que tout ce que Broadrick a produit sous le nom de Godflesh auparavant.
Chaque pièce, qui dure jamais moins que 5 minutes, donne le temps à l'auditeur de s'imprégner au maximum du narratif sonore. La plus longue pièce, Weightless & Horizontal est tout à l'honneur de Jesu, présentant assez de variété en elle-même pour tenir en haleine l'auditeur, cependant, la meilleure reste Medicine, dont l'équilibre pesanteur de guitare/légèreté de vocalise sur fond de batterie doomesque est manifeste de l'art consommé de Broadrick.
Avec Conqueror, Jesu réussit à gagner du terrain et à conquérir certainement ceux qui trouvent qu'Isis ou Pelican sont en panne de créativité.
phononote : 7/10 - bon