June 21, 2005

{~} EarPlugz .:. Faye Wong - Jiang Ai {~}

Après avoir fait d'honorables reprises de chansons des Cranberries en cantonais pour le film Chungking Express de Wong Kar-Wai (sans oublier sa performance dans le rôle d'une des protagonistes), des albums co-écrits avec Cocteau Twins, un solide opus de techno-pop à la Goldfrapp en 2000 (Fables) et un single rock dévastateur sur son album double de 2001, la mannequin pékinoise nous revient avec Jiang Ai, une amère déception pour ceux qui commençaient à être habitués avec les expérimentations sonores de plus en plus audacieuses.

L'album commence pourtant assez bien, avec une ritournelle à la Garbage première manière, les vocalises de madame Wang se mariant bien aux parfums d'électronica lancés par les quelques riffs de synthés. Les infusions de musique indienne digne des trames sonores de films de Bollywood complètent bien le tout, faisant de la pièce-titre un item de choix dans la collection de tubes de la chanteuse.

La deuxième pièce (Kongcheng), plus calme, commence avec un piano guilleret et rappelle les chansonnettes romantiques de ses albums de la dernière moitié des années 1990, du genre qui l'ont rendue très populaire. La progression vers un emballage symphonique exclusivement d'instruments à corde un tantinet sirupeux appuie cependant juste ce qu'il faut les envolées au piano dialoguant avec la mélopée.

Buliu est bien davantage séduisante, un r&b comme seule Faye Wong est capable de réussir avec brio, les timides incursions dans le glitch réchauffant plutôt que refroidissant son timbre de voix plus chamoiré. Toute en subtilité, les relents de Fables sont plus que présents.

Le reste de l'album, cependant, s'enfonce rapidement dans les horreurs insondables de la pop chinoise; instrumentation insignifiante, violons dignes de la trane sonore de Love Story, vocalises de diva, guitare acoustique inoffensive... Faye joue la carte de la prudence et réussit à tranquillement nous endormir avec une sélection tout à fait soporifique. Siyuexue (Neige d'avril) est probablement la pire, gonflée d'halètements, aussi inécoutable que la suivante, un dance tellement quelconque qu'on a le goût de lancer le disque par la fenêtre.

Même la dernière pièce, avec sa fausse guitare flamenco et ses effets de vocoder rappelant malheureusement Cher, époque Love after Love, ne réussit qu'à nous rendre heureux que Faye Wong ait abandonné sa carrière de chanteuse. Il est malhereux que, pour l'album couronnant sa longue carrière, elle ait accepté d'interpréter des chansons ultra-nulles.

Téléchargez les trois premières mais de grâce, n'achetez pas cet album.

phononote : 3/10
* La version cantonaise répète deux tubes (Jiang Ai, la première pièce, entre autre) en cantonais plus une pièce inédite (MV, du remplissage) à la fin.

Posted by phonono at 11:27 PM | Comments (0)