December 31, 2004

{~} EarPlugz 026 :: Pistolets Roses - Ma génération {~}

Oui, je sais, cet album a comme parution le 9 décembre 2003 mais je l'ai découvert seulement en 2004 et sa popularité semble avoir été moussée par la participation du quatuor à la compilation sortie pour protester contre la fermeture du 98,1 à Québec (le Libertéfest, si je me souviens).

Je trouvais que la chanson entendue vaguement pendant l'été ressemblait à du Pénélope, mais en moins mélodique. J'ai appris finalement que les Pistolets Roses comptent parmi leurs rangs un ex-Pénélope.

Donc, le paradigme exploité est cette même veine pop-punk qui ne semble pas vouloir se tarir depuis que Green Day a publié son Dookie, causant du même coup une pléthore d'imitateurs partout sur la planète. Je reviendrai avec Green Day plus tard, pour l'instant, qu'avons-nous à dire sur les Pistolets Roses?

Ce CD est sans conteste le pire album que j'ai entendu en l'an 2004, pire même que celui de Bad Religion (qui auraient dû accrocher leurs guitares il y a belle lurette), Empire Strikes First. L'album perd déjà du mérite en raison des reprises ridicules d'un tube hispanique Pepito my corazon, versions en français et en espagnol s'il-vous-plaît, comme si une ou l'autre des versions ne suffisaient pas. La seule présence de ces reprises devrait normalement nous servir de signal d'alarme (DONT BUY OR YOU'LL REGRET IT) mais comme je donne toujours sa chance au coureur, j'ai écouté l'album d'un bout à l'autre.

Malheureusement, j'ai eu l'impression d'entendre 9 fois la même chanson, à peu de chose près, tellement le jeu de batterie était peu inventif, les riffs de guitare d'une banalité à faire pâlir d'envie Céline Dion. Pas étonnant que ce groupe ait remporté un succès fou. Non seulement les Pistolets Roses échouent lamentablement dans leur tentative d'imiter les instigateurs du style (Descendents, All, Green Day, Chemical People), ils échouent aussi dans leur tentative d'encrasser un peu la jovialité du thème. Les Dwarves ont fait 100 fois pire il y a 15 ans, désolés... Pour des vétérans musiciens, on se serait au moins attendu à ce qu'ils haussent un peu la barre. Cependant, tandis que Green Day, dans la même année, réussit avec brio un opéra punk (American Idiot), les Pistolets Roses en sont encore à du grichage d'adolescent attardé. Même les soupçons de Gang Green sont noyés dans l'ineptitude et la drôlerie niaise des paroles ne suffit pas à détourner notre attention.

Ma génération est une double insulte au Who. En plus de pervertir les paroles de My Generation, les compositeurs de la chanson sont loin de la ligue dans laquelle évoluaient Entwhistle, Moon, Daltrey et surtout Townsend. Le forçat aurait pu être écrit et joué par n'importe lequel ado avec une guitare et quelques riffs piqués des Beatles, avec plus de distorsions. J'sais pu où j'suis rendu aurait dû s'appeler J'sais pu de quel instrument je joue et j'ai jamais su. Il faut attendre l'appréciable Dimanche d'automne pour avoir enfin le goût de ne PAS appuyer sur la ô combien bénie touche SKIP sur son lecteur CD. Malheureusement, une fois cette chanson terminée, le reste fait s'effondrer le château de cartes.
Quel gaspillage.

Le groupe a récemment changé sa section rythmique... Meilleure chance la prochaine fois (?)

Phononote : 1/12

Posted by phonono at 12:22 AM | Comments (6)

December 30, 2004

{~} EarPlugz 025 :: Comets On Fire - Blue Cathedral (Subpop 647) ::

Quinze ans après la parution de l'album éponyme de Mudhoney, un des instigateurs du style grunge issu du Nord-Ouest des États-Unis, la maison de disques Subpop prend sous son aile un des fers de lance de l'acid-punk, les déjantés Comets On Fire. Ces énervés ont déjà fait paraître deux très bons albums, dont leur premier seulement en vinyle sur Alternative Tentacles.

Appuyant leurs riffs infernaux sur des lignes de batteries partant dans tous les sens, Comets On Fire projette ce chaos de bruits dans une dimension psychédélique en déformant la moindre réverbération à l'aide de l'échoplex.

Sur Blue Cathedral, le groupe s'est procuré le luxe d'un orgue Hammond qui vient amplifier les multiples couches de distorsions, peignant une orgie de couleurs et de textures, électrocutant l'auditeur à la mince frontière distinguant le plaisir de la douleur. Blue Cathedral, c'est un monstre Frankenstein, une créature issue des morceaux ressuscités des 13th Floor Elevators, MC5 et Blue Cheer. Le premier jam, The Bee and the Cracking Egg, nous fait décoller dans les hautes sphères du déchaînement distorsionné, une fusion de lignes de basse, de guitares pychédéliques et de voix modulée par echoplex, rythme trépidant qui ralentit pour nous laisser planer un moment, utilisant des timbres sur le The Cult de l'ère Dreamtime puis reprenant les riffs endiablés du début.

Dès les premières secondes du deuxième jam Pussy Foot The Duke, nous sommes propulsés presque 40 ans en arrière, l'orgue en avant-plan, plutôt farfisa, superposant des riffs rhythm&blues sur des lignes de guitares acid rock, la batterie marquant parfois en contretemps des coups de caisse claire syncopés, Uzello Kushner, l'émule de Keith Moon, émondant sur plusieurs niveaux ses cymbales, inondant le groove pour lui donner vigueur; puis, après cette minauderie fantasque pendant 30 secondes, on a droit à un blues rock digne des grands, avec multiples solos inachevés. Permutations de cette combinaison pendant 5 minutes, ponctuées d'accords de piano modulé comme une cascade intermittente.

Whiskey River commence avec une introduction plutôt Doors qui se transmute en Sonic Youth ère Goo/Dirty, émulsifié de forces vocalises catastrophées par echoplex pour conjuguer une fois de plus les Motor City 5. Puis l'orgue devient l'instrument rythmique, appuyant la basse, tandis que les guitares s'échangent les besognes de soli longuets ou d'acoustique pianotées.

Histoire de nous faire languir un peu, l'orgue prend encore un peu l'avant plan, accompagné du piano, tandis que quelques traits de guitare lancinante et mélancolique l'atmosphère, sur Organs

Antlers Of The Midnight Sun, légèrement plus alambiquée que les deux premiers jams, traite l'auditeur moins modestement, en zigzaguant plus savamment mais moins posément, en ajoutant le saxophone trituré de Jim Dacy sur des frénésies bien Comets On Fire, les guitares luttant contre l'echoplex dans un déluge de batterie en furie. On retrouve une fois de plus l'orgue farfisa de Pussy Foot The Duke avec les mêmes timbres recombinés cette fois et l'ombre de Pink Floyd (ère Saucerful Of Secrets) plane en arrière-plan.

Wild Whiskey s'avère une ode tranquille pourvue de percussions sur petits tambours, bâtie sur une progression à la guitare acoustique soutenue par deux lignes de guitare électrique couleuvrisantes.

Le disque se termine sur un acid-rock plus bluesé, plus inspiré cette fois de Led Zeppelin. Cette pièce est la moins inspirée de l'album, même si les textures sont beaucoup plus nuancées par le néo-psychédélique réécrit par les orchestres des années 1980-1990 comme Das Damen ou encore Love Battery, et que la fin offre un peu plus de feedback.

En résumé, un disque moins sauvage que les deux précédents sans toutefois perdre du panache, une tentative réussie d'incorporer d'autres sonorités à leur assaut sonique, explorant le paradigme psychédélique avec brio en lui insufflant l'énergie post-punk là où d'autres ont échoué.

Posted by phonono at 01:24 AM | Comments (0)

December 17, 2004

{~} EarPlugz 024 :: Mastodon - Leviathan

Nouveaux chéris du métal mastoc et des hocheux de têtes hystériques de l'Amérique en manque de nouvelles idoles en fer forgé, Mastodon en a surpris plus d'un il y a deux ans avec un solide Remission, qui avait même intéressé les rockers matheux et les amateurs de Queens Of The Stone Age un peu gênés par les quelques chansonnettes proprettes où Josh Homme troquait son gueulage contre le crooning enfumé de Mark Lanegan (ex-Screaming Trees).

Pour ceux qui ne connaissent pas encore Mastodon, ce quatuor de Géorgie (l'État américain, pas la nation indépendante contrôlée par les Américains), imaginez un instant si Don Caballero, Trouble et Kyuss tenaient un symposium sur la musique pesante et agressive. Mastodon est loin de réinventer la roue mais à la différence des autres bandes de hévé métalleux dont les prouesses techniques sont à l'honneur, ils savent tenir un "groove" du début à la fin.

Et cette différence est de taille... éléphantesque. Remission avait été enregistré sous le signe de la violence extrême et inattendue, tandis que Leviathan donne davantage dans le houleux et l'orageux. Album-concept sur le classique de Herman Melville, Moby Dick, Leviathan nous plonge (jeu de mots inintentionnel) dans un déluge de riffs et de roulements de tambour dont la vitesse d'exécution, quoique variable, ne manque pas de nous bousculer et de nous bringuebaler au gré des vagues successives de chaque pièce, nous faisant enfin échouer sur les rives de la tranquilité de la conclusion, deux (power)ballades. La production de Matt Bayles est aussi impeccable et la collaboration de Scott Kelly, de Neurosis, transparaît sur quelques pièces.

Le disque se lit-il en parallèle avec le célèbre roman? Pas vraiment. Il s'agit plutôt de capsules traitant de sujets et d'aspects qui intéressent les musiciens réinteprétées par ces derniers. Avec cet élément en tête, Leviathan s'avère davantage un exercice de style qu'un véritable album-concept. Mais cet exercice de style, sans crier au génie, donne quand même de très bons résultats. L'album démarre d'ailleurs superbement avec Blood and Thunder, réussissant à faire passer un riff de guitare désuet (pour ne pas dire cliché) en l'appuyant de contretemps et de riffs de batterie mitraillés comme seul Brann Drailor peut le faire. Neil Fallon (Clutch) crie aussi sur cette pièce. Le le ton de l'album est donné. Avec I Am Ahab, on a droit à plus de nuances mais un jeu de métal progressif que l'on avait pas entendu, ma foi, depuis Master Of Puppets, avec en prime envolée de guitares clin d'oeil au stoner rock. Seabeastinstaure une nuance différente des précédents albums, en enchevêtrant une guitare non-distorsionnée et laissant cette fois le deuxième vocaliste du groupe, le guitariste Troy Sanders, prendre la relève, rappelant un Dave Mustaine sous son meilleur jour. Le jeu de guitare est, pour une fois, vraiment brillant, complétant avec brio la dynamique de la section rythmique. Avec Ísland on replonge immédiatement dans le chaos, cette fois compressant les accents boogie et réussissant à les téléscoper dans une cascade malaxée par Drailor. Iron Tusk, sans conteste la meilleure pièce de l'album, reprend le paradigme laissé par Trouble au milieu des années 1980 en triturant la guitare vaguement "doom" et "stoner" d'entourloupettes rythmiques, sur une basse bien enroulée autour d'un double grosse caisse frénétique digne d'un marteau-piqueur en crise d'épilepsie. Megalodon commence comme une ritournelle math rock, qui se fait aussitôt écrabouiller sous les notes vocales du bassiste. Quelques accents southern boogie ponctuent un rythme galopant (quand ce n'est pas une ligne de guitare carrément country) qui nous malmène comme un bouchon de liège sur une mer déchaînée jusqu'à la fin comme de rares artistes (ex. Today Is The Day) peuvent le faire.
Naked Burn est un peu décevante, ses accents southern rock plus à l'avant-plan, avec des riffs pesants à l'imagerie un peu éculée et des ponctuations guitaristiques/vocales double-rétroactives à la Voïvod. La guitare acoustique et le jeu de batterie époustouflant de Brann Drailor fait démarrer la pièce suivante, Aqua Dementia à la Damon Che (Don Caballero). Aqua devient vite une caricature hardcoresque, (Scott Kelly, qui appuie la partie vocale, retombe en adolescence "Neurosis"), pour revenir de temps à autre à du riffage Trouble-esque. Les deux powerballades sont les points faibles de l'album. Hearts Alive non pas à cause de sa longueur digne des épopées apocalyptique de Neurosis (13 minutes) mais parce que les motifs explorés s'avèrent des répétitions des pièces précédentes du même album. Joseph Merrick sonne trop comme du Deep Purple pour sauver la mise.

Pour ceux qui comme moi réussiront à mettre la main sur le CD édition limitée, c'est-à-dire avec DVD, celui-ci contient en fait des versions dolby surround 5.1 de pièces de l'album précédent Remission ainsi que certains morceaux enregistrés en spectacle. Le visuel que je suis aurait bien apprécié un vidéoclip ou deux mais cette petite pointe de déception doit certainement être causée par l'impossibilité pour moi d'écouter mon DVD en surround...

phononote : 7,5/10

Posted by phonono at 02:26 PM

December 11, 2004

{~} EarPlugz 023 :: Björk - Medulla

Certains artistes ont un talent naturel pour exprimer des réalités qu'eux seuls peuvent percevoir ou encore réinventer un langage -- quand ce n'est pas inventer un nouveau langage. Peu d'entre nous se souviennent (l'auteur de ces lignes y compris) de Frank Zappa, invité à présenter son oeuvre à la télévision, provoquant des regards ébahis et perplexes dans la foule devant une fille pédalant sur une bicyclette transformée en instrument à vent. "You're not ready for this kind of music..." de dire Zappa (mine de rien j'insère subtilement un hommage à Zappa, décédé il y a 10 ans cette année...)

D'autres artistes ont davantage le génie de savoir bien s'entourer pour pallier leur manque de créativité. Parmi ces artistes, on trouve David Bowie, Madonna, Marylin Manson et ... Björk Gudmundsdóttir. Ce génie est on ne peut plus évident sur son plus récent opus, Medulla. L'Islandaise a concocté un mélange de performances vocales échantillonnés électroniquement pour petits Blancs branchés et snobs de salons. Loin d'être innovateur ou expérimental, ce mélange a au moins le mérite de remettre Björk sur les rails et de vendre son concept, c'est-à-dire elle-même (dans ses vidéoclips on peut la voir dans des robes et tenues "excentriques", etc.)

Certains extraits du disques s'avèrent parfaitement écoutables -- par exemple Who Is It ou Oceania -- dans la mesure où la démarche de commercialisation de Björk est plus évidente, donc inintéressante. Là où elle devient plus intéressante, c'est en fait lorsqu'elle est appuyée par des choeurs, surtout le choeur islandais ou lorsqu'elle se laisse aller (enfin) à chanter dans sa langue natale. Il est quand même étrange que cette championne autoproclamée de la diversité culturelle (elle se plaignait d'ailleurs en 1997 du repli sur soi-même des Anglais et ridiculisait le Brit-pop) ait si peu de propension à vocaliser en islandais. Sur Medulla, nous sommes servis puisque nous avons droit à deux pièces, Vökuro et öll birtan, que je dirais parmi ses meilleures créations depuis Homogenic.

Si elle sait bien s'entourer, sait-elle aussi bien laisser son entourage transparaître? Difficile à juger, sauf dans le cas de Mike Patton (ex-chanteur de Faith No More, Mr. Bungle et chef d'orchestre de Fantômas) dont on reconnaît aussitot la signature vocale sur Where Is The LIne. DoKaKa, le Japonais champion de la réinstrumentation a cappella, fourbit ses armes sur Triumph Of A Heart et il est dommage qu'il n'ait pas été davantage à l'avant-plan. Björk est assez intelligente pour prévoir que DoKaKa l'aurait éclipsé.

Parmi les autres pièces dignes de mention, je tiens à souligner Pleasure Is All Mine, la première, une sorte de remix de lamentations et de supplications post-funèbres et Youth's Cradle, dont les atmosphères évoquent des gospels d'elfes et de trolls sur fond de slience post-éruption volcanique, Ancestors, sorte d'invocation néo-shamanique au piano de Björk accompagnée de Tagaq. Par contre, des pièces comme Submarine, mâtinée d'a cappella plutôt réchauffé, Miðvikudags (mercredi en islandais), qui reprend verbatim des textures déjà entendues en début d'album (elle aurait dû en fait conclure l'album), ou encore Show Me Forgiveness montrent à quel point il est difficile pour Björk de se réinventer en tant qu'artiste, c'est-à-dire sans artifices (c'est d'abord et avant tout une vocaliste) et sans ses tics.

Est-ce que Medulla est un bon album? Oui, si on le compare à son précédent‚ Vespertine…. Mais cet album, et Björk par le fait même, demeure un concept de diva de la pop au même titre que Madonna, une pop "alternative" qui vise à commercialiser Björk et son image de petit bout de femme aux goûts excentriques.

phononote : 9,5/14

* Je n'ai pas pu écouter au complet la chanson bonus Komid sur iTMS mais elle semble plutôt ordinaire...

Posted by phonono at 01:49 AM

December 06, 2004

{~} Earplugz 022 - Descend into Nothingness - Darkened Reality ::

Impossible à oublier! L’album lancé par ce groupe de Rouyn-Noranda en septembre 2003 s’avérait une belle surprise, pour une délégation locale pratiquement sortie de nulle part pour les observateurs à l’étranger, de qui nos Abitibiens ont reçu de nombreuses critiques positives et mentions honorables autant des intervenants de la scène québécoise que de la presse underground mondiale comme les magazines Brave Words and Bloody Knuckles, Metal Maniacs, Metal Observer, etc.

Leur death metal varié et dynamique, avec quelques soubresauts de black metal au passage, n’aura pas laissé beaucoup de monde indifférents, tout comme leurs prestations live, à la mesure de cette énergie débordante coffrée en CD avec la complicité de Yannick St-Amand (encore lui !). Ma pièce préférée a toujours été « Humanity’s carelessness » qui ouvre l’album avec un impact incroyable, résumant en un seul extrait la recette gagnante de Descend into Nothingness : Des riffs solides, beaucoup de changements de tempo, une fluidité dans les transitions et un sens de la mélodie-- malgré un François « the blasting esturgeon » Turgeon qui détruit tout question intensité et blast beats. Élément caractéristique, leur matériel se veut inspiré autant du Metallica d’époque que de Kataklysm ou encore de A Canorous Quintet. Le groupe de Joel « Suffering » St-Amand étant présentement en restructuration, nous reviendra en concert dès début 2005 et en principe nous faire honneur hors de l'Abitibi-Témiscamingue à nouveau comme lors de leur dernière tournée avec Misery Index.

À mentionner que j'ai été responsable d’avoir fait passer Descend into Nothingness au Cabaret de la Dernière Chance le 18 février dernier sur l'heure du souper (événement rare) : l’instrumentale « Escaping Reality », entre Richard Desjardins et La Bottine Souriante !

note : 8/9

Site du groupe
Site de la maison de disques

Posted by TowerOfDeath at 11:39 PM

December 05, 2004

:: Earplugz 021 - Kataklysm - Serenity in Fire ::

En dépit du fait qu’ils furent avec Cryptopsy les plus évidents ambassadeurs du métal « made in Québec » en tournée sur tous les continents depuis Voivod, Kataklysm est un groupe qui m’a laissé un peu indifférent en comparaison à l’opinion populaire, exception faite de l'indéniable classique Temple of Knowledge (1996), qui comprenait alors dans ses rangs le quasi-psychopathe et fils illégitime de Dieu, Sylvain Houde comme vocaliste transcendant.

Passablement semblable à son prédécesseur, le très acclamé Shadows and Dust (2002), cette nouvelle offrande se veut relativement supérieure côté production sonore, mais quelque peu inférieure pour ce qui est du matériel en général. Il y a certes des pièces comme « Ambassador of Pain » et « For all our sins » qui sont excellentes et que l’on voudrait entendre live, mais de là à croire les nombreux critiques que l’on a affaire au meilleur album de Kataklysm à date, et ce à chacune des nouvelles sorties, je ne crois pas. Pas plus que de me faire croire que c’est réellement un humain (Martin Maurais) qui joue la batterie sur l’album. Non seulement certaines sections sont irréalistes dans un contexte humain (voir Vital Remains), mais les patterns agencés sans transitions fluides entre eux sonnent vraiment comme une programmation de drum-machine. Si je me trompe, je vous donne la permission de me traiter de gay. Quoi qu’il en soit, J-F Dagenais, guitariste fondateur du groupe, nous étonne toujours comme producteur (Malevolant Creation, Misery Index) et semble avoir opté pour un son de guitare plus « en rondeur » en fait de fréquences médianes; une présence dans le mix qui me rappelle légèrement celle de l’album Victims of this Fallen World (1998) avec une meilleure production, évidemment. Je ne dirai pas que c'est un album essentiel -- c’est peut-être parce que je ne suis tout simplement pas un vrai fan de Kataklysm, ce qui serait peut-être mon cas si leurs chansons figurant sur leur quatre derniers albums étaient toutes des « Damnation is here » (de Epic-The Poetry of War paru en 2001, sûrement la meilleure pièce du groupe depuis que Maurizio Iacono en est le vocaliste de front). Serenity Of Fire décoiffe malgré sa simplicité, pulvérise par moments, mais ne révolutionne pas le death metal d’aujourd’hui comme on veut si bien nous le faire croire.

Site Web du groupe

Posted by TowerOfDeath at 11:41 PM

:: Earplugz 020 - Augury - Concealed ::

Avant même d’entendre une seule note générée par cette alliance de musiciens reconnus de la scène québécoise nous étions tous convaincus que Augury voudrait aussi dire élite au sens musical. Cette offrande spatiale réalisée par un Yannick St-Amand en orbite autour de trois studios différents se veut la preuve ultime de ce que l’on annonçait déjà. Une production monstre, dix pièces qui composent un album d’une rare consistance pour une première oeuvre.

Pas tellement surprenant quand on sait que le quintette se compose de membres et ex-membres de Kralizec, Spasme, Atheretic, Neuraxis et Rostrum. Dès l’ouverture de l’album intitulée « Beatus », on a l’impression d’être catapulté loin de notre planète d’origine, et d’entendre le défunt groupe norvégien Emperor, pour passer en mode hyper-espace dans un vaisseau avec Pat Loisel (guitares,voix) dans le rôle de Ishan le commandant de bord, et à sa droite Mathieu Marcotte (guitares) dans le rôle de Samoth. Il est intéressant de discerner les tics compositionnels respectifs de ces deux musiciens, de les voir se fusionner notamment dans l’exécution de certains riffs «semi-acoustiques» rappelant leur formations originelles (Kralizec et Spasme). Besoin de plus de puissance ? Pas de problème ! Ishan appelle Scotty à la salle des machines ! (joué par Etienne Gallo de Neuraxis aux drums). Ce dernier est fabuleux. La vitesse d’exécution de certains segments est ahurissante, nous faisant aussi penser à Nile par moments (surtout dans « Ever know peace again ») mais avec davantage de « coloration ». Le mixage est en effet teinté de quelques textures particulières comme divers types de voix en alternance passant de Pat l'outre-tombeur à Arianne l’enchanteresse (ex-Rostrum). Dominic « Forest » Lapointe (Atheretic, Quo Vadis) s’implique aussi ardemment avec sa basse six cordes dans « Cosmic Migration ». « Alien shores » est un autre titre téléportateur de par son exploration musicale élaborée. Il me serait ardu de décrire textuellement tout ce qui se passe dans ce voyage multidimensionnel qu’est Concealed , voire inutile d’en dire davantage, autre que de souligner le fait que la musicalité respire toujours à travers la technicité, donc jamais étouffée par la performance. Ce disque se veut une référence en tous points pour le métal extreme. A noter l’infographie du livret très réussie par Steven "Pokemon" Henry (Neuraxis) pour embellir davantage un produit que l’on pourra en toute conviction présenter à nimporte qui à l’étranger et dire « tiens prends ça dans ta face, c’est ÇA qu’on fait au Québec !"

Site Web de Augury

Site Web des disques Galy

Posted by TowerOfDeath at 11:15 PM