November 30, 2004

:: Earplugz 019 - Megadeth - The System Has Failed ::

Outre le fait que l’album soit entré numéro 10 dans le top 200 du « billbored » canadien à sa première semaine,je me dois de mentioner le fait que c’est la première fois en 12 ans que j’ai personnelement eu le goût de me procurer un album de Megadeth en copie originale; The System has Failed est simplement le meilleur et le plus solide du groupe depuis Countdown to Extinction en 1992.

Avec des écarts d’inspiration dans le passé tels que Risk (une note de 14% dans Extreme Radiophobia souvenez-vous) qui leur aurait valu le nom de Megapop,on ne savait pas trop à quoi s’attendre de la bande à Dave Mustaine après une absence de près de trois ans. Je pense que Dave a continué d'être aux aguets de l'actualité et s’est vu apparament super inspiré par toute la panoplie d’évènements survenus sous l’administration Bush (pourtant notre charismatique rouquin aurait donné son vote à ce dernier !?) avec un soupçon de christianisme dans le verbe. Son message passe très bien comme d’habitude,sauf que notre communicateur a pris soin d’y agencer comme trame sonore du VRAI Megadeth et ainsi faire honneur à ce nom. « Blackmail the Universe » en est une belle preuve en ouverture. Quoi? Autant de double-bass drums!? « Back in the Day »….Hein!? Putain as tu entendu ce super changement de tempo innatendu à la Mercyful Fate man! Et la hargne dans sa voix? Comme dirait Mononc Serge, « Ah là j’vous r’connais!! ». Même le côté « accessible » de certaines pièces de l’album est davantage plus tranchant et captivant,et on se laisse emporter par les mélodies vocales bien pensées sur «Die dead enough» ou encore «Truth be told» où l ‘expression de Mustaine se démarque dans une mélancolique semi-ballade en réverbation pour soudainement clancher à 180 beats/mn!

Pour l’enregistrement de cet album de 48 mn,Dave a fait appel à des musiciens de session dont Chris Poland qui fut également lead guitariste sur les deux premiers albums il y’a 18 ans de cela. Un tout nouveau line-up vient d’entâmer une tournée nord-américaine avec James Macdonough (Iced Earth) à la basse,et les frères Drover (Eidolon) à la guitare et batterie (en remplacement de Nick Menza en début de tournée). Même si je crois que Cryptic Writings (1997) avait été un faible retour en comparaison de celui-ci,j’aurais préféré que le son de guitare rythmique qui sonne légerement « direct box » aie eu plus de mordant comme sur Countdown to Extinction. Ce détail toutefois n’affecte en rien la façon dont la matériel est déliveré et si on m’avait dit qu’en 2004 j’aurais aimé un album de Megadeth d’un bout à l’autre comme dans le bon vieux temps,j’aurais envoyé promener qui de droit dans un bar de pop-rocks et lui dire d'aller se taper Risk ou encore Re-Load de Metallica. D'accord,ce n"est pas encore Rust in Peace part II ,mais allez vite vous le procurer chez un disquaire parce qu’une semaine plus tard ,The System has Failed se trouve au moment de mettre sous presse,coincé en 29eme position entre Evanechiance et Corneille !!
9.5 / 12

Posted by TowerOfDeath at 12:26 AM

November 23, 2004

:: EarPlugz 018 - ISIS - Panopticon ::

Il faut un certain degré de prétention et de connaissance (sinon les deux) pour oser orchestrer un album-concept sur le panopticon, l'ultime outil d'exercice du pouvoir selon Foucault.

Donc prétention et connaissance, deux éléments qui ne semblent pas faire défaut chez Aaron Turner et sa bande de musiciens bien décidés à explorer les limites très restreintes du heavy métal. Après un premier album atmosphérique et glauque à souhait _Celestial_ où la pesanteur faisait office de timbre de base sur une suite de palettes abrutissantes de stridences guitartistiques, ISIS avait décidé de s'éloigner un tantinet des symphonies hardcore apocalyptiques à la Neurosis sans perdre trop de vélocité et, plus important, de férocité. Oceanic, deuxième album, toujours conceptuel, nous avait permis de voir un ISIS beaucoup plus varié mais encore trop "carré" dans l'exécution de ses morceaux, la batterie contrebalançant trop abruptement la fluidité des guitares et de la basse.

Sur Panopticon, voilà nos adeptes des trames sonores étouffantes donner dans le post-rock, pour ne pas dire post-métal, avec seulement sept pièces, dont deux instrumentales. Dès la première pièce, Backlit, Turner nous rappelle avec son cri de guerre que, si ISIS sait bien broder, ils ne font pas dans la dentelle. N'a-t-il pas fini de nous envelopper de guitares qu'il adoucit son gueulage pour nous offrir ce qui se rapprocherait le plus d'un chant en bonne et due forme. Cependant, In Fiction, avec son crescendo-référence à Neurosis et à certains chantres du doom le plus chélonien, vient emprunter des détours stoner-rock tout en laissant plus d'espace à la basse, comme sur Maritime cf. Oceanic).

Le vrai test pour les fans de slowgrind vient enfin avec Wills Dissolve, une pièce qui aurait pu être jouée par Tortoise si ces derniers n'avaient pas pris un virage "post-supermarket music". Quelques riffs discrets de basse, enrobés de mezzo-staccato fureteurs de guitare dignes de McEntire (référence au premier disque de Tortoise), jusqu'à ce que la batterie, faisant évoluer les jeux entrecroisés des guitaristes sous la couche éthérée de synthés, propulse enfin le tout vers une double distorsion pour retomber dans un son plus proche du ISIS, se terminant avec le cri primal et un riff parochial typique des premières chansons.
Syndic Calls entame son dix minutes avec un semi-calme presque caricatural pour ISIS, nous fait languir avec marche militaire et riffs saccadés pour ensuite nous balancer quelques cris rauques et un mélange de cascades distorsionnées, revenant aussitôt à des carillons doux-amers en arrière-plan de coups de guitares de plus en plus stridentes et conclure sur un Turner scandant, sa voix claire en contrepointe des guitares lancinantes. Altered course, avec sa suite instrumentale à la Godspeed you black emperor! est une des pièces les plus intéressantes de l'album, rappelant même par certains tons Pornography de The Cure; encore une fois la basse est plus présente et la guitare moins stridente sans toutefois manquer d'être inquiétante.
Le disque se termine avec la plus véhémente des pièces, ISIS nous surprenant tout de même avec un faux-paroxysme et des guitares rappelant vaguement Slovenly en plus distorsionné.

Avec leur troisième opus, ISIS prouve que le désir de trouver un son plus personnel est présent mais malgré des bonnes idées et quelques trouvailles intéressantes, le pas reste à franchir vers une identité propre.

note : 6,5 sur 9

Posted by phonono at 02:56 AM

:: EarPlugz 017 - plastic litE - Je suis un robot ::

Ça fait presque un mois que ce disque d'un des groupes les plus en vue de la Vieille Capitale est sorti. J'ai eu beau essayer de comprendre "la joke", je dois avouer qu'il va falloir que quelqu'un me l'explique car cet album me laisse plutôt perplexe.

Il est clair que les cinq gusses de Plastic Lite ont adoré Hello Nasty des Beastie Boys (un des moins pires de leurs derniers albums) et, en fait, on pourrait pas avoir meilleure pastiche que celle-là, à moins qu'il ne s'agisse d'une adaptation française avec des paroles "sôciales"... sauf que Hello Nasty est sorti il y a 6 ans!

Sautons tout de suite la reprise de Je pleure des larmes de métal, qui a certainement contribué à mousser la popularité de ce groupe et concentrons-nous sur les compositions.
Par exemple, Colocataire recherché trempe dans un funk-rock tellement suranné on peut presque entendre la poussière sur le disque. Les paroles sont si adolescentes que c'en est embarrassant. Faites donc ce que vous voulez sent le Michel Rivard à plein nez, mâtiné de Okoumé faux jazz avec relents trip-hop. Pathétique, paradoxalement, est la moins pathétique de l'album, malgré sa ressemblance très évidente avec le matériel des Jardiniers. La chanson Dolly (oui je veux bien mais elle est MORTE, Dolly, les gars...) commence bien jusqu'à ce que la guitare à la Green Day vienne gâcher le caractère un tant soit peu original. Diguiguin ne va même pas à la cheville des compositions des mangas des années 1970. Par contre, Claude Steben doit se mordre les doigts... Général MIDI aurait pu convenir à un public de 0 à 8 ans mais le groupe se lance aussitôt dans une mauvaise imitation de Loco Locass à faire pleurer. Grumble Grumble tente de faire rire avec ses références F. Pérusse mais comme c'est le seul élément d'intérêt, on se demande justement où est l'intérêt...

Verdict : Groupe de pseudo-rap déguisés en garagistes au chômage?
Disciples de Kraftwerk avec un sens de l'humour de collégien en arts visuels?
Étudiants en informatique pas assez talentueux pour se joindre au collectif La Méduse?

Non, ce sont effectivement des robots victimes de leur propre propension à jouer du copier-coller ad nauseam et que leur système d'exploitation a planté en 1998...

Note : 3 sur 16

Posted by phonono at 02:28 AM | Comments (9)

November 16, 2004

:: EarPlugz 016 - Rammstein - Reise, Reise ::

Parmi les groupes qui savent se faire oublier juste assez pour se faire attendre, je crois que Rammstein remporte la palme. Quatrième album de cet ensemble allemand qui a fait un tabac en Europe en 1995-1996 et en Amérique du Nord en 1998 (avec le quasi disco Du Hast, qui a détrôné Enter Sandman à titre de chanson métal la plus dansée dans les discothèques), Rammstein évolue sur le paradigme bien établi du techno-métal, offrant un disque tout en allemand, comme Mutter (2001) et Herzeleid (1995).

Il s'agit encore d'un concept central développé sur tout le disque, après les Maux de coeur, l'Ennui, la Maternité, voici les Voyages.

Rammstein, en tonalités toutes teutoniques, surpasse de loin tous les groupes métal des années 1980 qui on récemment tenté un retour. Metallica, Megadeth, Exodus, Anthrax, Metal Church... en fait, ce dernier album est même meilleur que le dernier Fear Factory; Archetype, qui aurait dû s'appeler Stereotype.

Cela dit, Rammstein, malgré ses grosses guitares et sa batterie martelante, ne plaira pas autant aux amateurs de métal. Non, je crois qu'il plaira davantage aux fans de pop ou de techno. Des guitares moins incisives, moins carrés, de la guitare acoustique, une rythmique toujours aussi simpliste. Pour ceux qui ont à coeur Rammstein de Sehnsucht, les éléments les plus intéressants sont les claviers plus noisy (comme sur Moskau, où Till est accompagné par une complainte en russe, ou Reise, Reise) la voix plus travaillée, sur une de mes préférées de l'album, Mein Teil - On dirait un remix par KMFDM d'une vieille chanson de Marlene Dietrich jouée au 16 tours - ou encore la cadence saccadée de Keine Lust, qui enveloppe progressivement l'auditeur de riffs hoquetés.

Moins grandiloquent que Mutter mais pas aussi comique au 3e degré que Sehnsucht, Reise, Reise est un effort honorable d'un groupe qui fait de la musique pour le plaisir et non pas pour innover ou transcender toutes sortes d'émotions. Pour ceux qui comprennent l'allemand oui qui vont se forcer pour comprendre entendront quelques boutades cyniques contre plusieurs points du globe. Cherchez les références...

Les points faibles de l'album sont la chanson Morgenstern, qui sonne comme si n'importe lequel groupe de nü-metal avait décidé subitement de chanter en allemand (la cadence militaire et le choeur lui font échapper un tant soit peu à la forme), et les trois ballades regroupées à la fin de l'album... une aurait amplement suffi... La véritable innovation du groupe, si c'est ce que l'on recherche, se manifeste en fait sur le simple Mein Teil, où l'on trouve deux versions de la pièce remixée par les Pet Shop Boys. Si le disque avait eu en prime le clip "Amerika" je lui aurais donné un point bonus.

phononote : 6,5 sur 11

visiter le site de Rammstein

Posted by phonono at 04:08 AM