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Le temps passe et les albums d'Apocalyptica ne se ressemblent pas.
Nos violoncellistes infernaux préférés ont enfin pondu un album constitué entièrement de compositions, après nous avoir gavé de versions alambiquées de classiques de Metallica (Plays Metallica for Four Cellos) et de classiques du heavy metal (sur Inquisition Symphony). Si nos fins Finnois se sont quelque peu affranchis du "cover" bien envoyé, dont les meilleurs sont sans contredit Refuse/ Resist de Sepultura, From Out Of Nowhere de Faith No More et surtout Nothing Else Matters de Metallica -- devenue sous les coups d'archets majestueux un joyau brillant de mille feux -- ils nous ont aussi agréablement surpris en 2001 en nous offrant des versions alternatives de deux de leurs "tubes", Path et Hope, permettant à des vocalistes de groupes allemands (Guano Apes et Farmerboys) de donner une nouvelle dimension au groupe. Cult, leur troisième album, était aussi résolument plus symphonique.
Pour leur quatrième opus, Reflections, les compères compositeurs ne sont plus que trois (Max Lilja a eu un accident à la main qui l'empêche de jouer) et ô surprise, le quatrième membre ne joue PAS du violoncelle. Apocalyptica nous surprend une fois de plus en nous offrant cette fois des pièces qui sonnent INDISCUTABLEMENT métal. Sur cinq des treize chansons, Dave Lombardo, tornade tambourinante célèbrissime de Slayer, Grip Inc. et Fantômas prête son talent incommensurable (et son prestige de "drummer hot") en appuyant les trois violoncelles. Sur sept autres, une programmation de batterie électronique nuance le paysage sonore.
Je dois avouer d'emblée qu'il y a une chanson que je n'aime pas sur l'album : Faraway; je n'ai rien contre le piano mais la grandiloquence de l'oeuvre me laisse un peu froid. Reflections commence avec un coup de poing, Lombardo tenant le roulement double grosse caisse à la Angel of Death (cf. Reign in Blood de Slayer, 1986) et y va de ses enfilades de percussions et ses envolées sur les tambours presque stéréotypées (sur Somewhere Around Nothing et Cortège) mais pour l'essentiel, les chansons appuyées par la batterie, bien qu'intéressantes et rafraîchissantes, n'offrent pas assez de variété du côté des violoncelles. On se contente de reproduire des riffs archi-éculés avec de la distorsion à outrance pendant qu'Eicca Toppinen fait son "cello-hero" en arrière-plan.
Non, les pièces où Apocalyptica vibre vraiment sont celles où ressort le côé symphonique et la formation classique des musiciens, comme Cohkka, Conclusion, Pandemonium, Toreador II et surtout Epilogue. Les Finlandais sont passés maîtres dans l'art de la mélancolie et c'est dans ces types d'atmosphère que nos violoncellistes brillent le plus.
Ceci dit, Reflections n'est pas un mauvais album. Mais il y a comme un parfum trop familier, comme si on essayait un nouveau plat dans un restaurant mais qu'on jurerait avoir déjà goûté cela ailleurs sans savoir où. Manifestement, Reflections est une tentative d'expérimentation et, compte tenu du départ de Max Lilja, c'est un bel effort, somme toute. Apocalyptica demeure un des groupes qui donne de la saveur au heavy métal contemporain.
phononote : {~~~~} ou 9/13
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