Avec un an de retard, j'ai enfin le temps de m'étendre sur un drôle d'oiseau dans le paysage musical québécois, un oiseau qui, sans avoir un ramage époustouflant ou une structure de chant ultra-compliquée, nous offre un peu de répit parmi le roucoulement des pigeons bizarres comme Malajube, qu'on veut nous vendre comme des oiseaux rares, ou le tumulte agaçant et trop répandu des étourneaux sansonnets comme Simple Plan, qui ne font que copier maladroitement ad nauseam les cris des mainates bronzés et autres blackbirds des régions plus au Sud.
Bazou démarre son train train de colère bouillonnante de trentenaire en crise avec un "fashion statement", Être cé hautes cé in, non pas une prise de position vestimentaire mais un manifeste sur la quasi-absence de vêtements chez la gent féminine. Au-delà de cette critique sociale, la mélodie du flot de paroles créé un effet hypnotique plutôt intriguant et même accrocheur, surtout au milieu de la pièce.
Cette entrée en matière est mitigée par une tentative plutôt maladroite de s'approprier deux traditions musicales héritées des années fin 1980-début 1990 le mélange funk/métal à la Red Hot Chili Peppers et le hard rock vaguement bluesé recontextualisé par les émules de Black Sabbath et Led Zeppelin. Les harmonies vocales sont le maillon faible de la pièce, surtout qu'elles viennent briser le punch amorcé par la première chanson. Le solo de guitare est vraiment superflu.
Avec Fond d'ruel, où le vocaliste puise dans son passé personnel pour régler ses comptes, un mélange plus heureux de rocksteady et de powerpop, mâtiné de guitare acoustique entrecoupée de riffs saccadés donne un meilleur espoir pour le reste de l'album. Même histoire pour C'est pas de ta faute, où un jeu de batterie inventif et des riffs où enfin on entend une basse un peu mieux modulée avec le reste de l'ensemble musical.
Garçonnière détonne légèrement du reste avec un début un peu pop-punk genre vieux Bad Religion pour reprendre les mêmes motifs que les deux pièces précédentes et s'enfoncer dans une litanie du genre Daran et les Chaises. Encore là la batterie sauve la mise... et le solo de guitare est de trop...
Squeegee Man est malheureusement un autre point faible. Une ballade vaguement inspirée des doo-wop des années 1950 avec beaucoup de distorsions. Il est malheureusement difficile de dire si l'effet comique (ironique en fait) est intentionnel ou pas. Baby-Boomers remonte la tension d'un cran, avec un son plus foncièrement grungy, raccourcie juste ce qu'il faut pour porter la fureur surannée du vocaliste.
Avec Droit d'parole, Bazou atteint (enfin) son zénith et ce qui pourrait bien être leur chef d'oeuvre jusqu'ici. Tous les éléments qui font la force du groupe se retrouvent dans cettte chanson, bien équilibrés et bien dosés. Bazou montre de quoi il est capable, soit de mêler riffs accrocheurs, batterie juste ce qu'il faut de modulé et solo de guitare pas trop en méandres. Si le prochain disque est de cette trempe, Bazou pourra se hisser parmi les grands du rock québécois.
Malheureusement, Don't Save Me, sempiternelle diatribe sur la religion, ramène au ras de paquerêttes et désintéresse l'auditeur avec un power pop très dépassé (Afghan Whigs mais sans les 'hooks' ?).
Donc, en tout Bazou est prometteur malgré un album inégal et quelques mauvaises habitudes de groupes rock québécois (difficulté à garder ou trouver un groove, faire ce qui se fait déjà pour se faire accepter). Par contre, il mérite amplement une note honorable pour un premier album.
phononote : 6,5 sur 10
Posted by phonono at July 14, 2006 10:43 PMTu es tu un musicien qui na jamais reussi pis té jajoux de ceux qui connaissent plus de succes que tu as eu? Ben quand ont est pas bon ben ont dénigre les autres comme tu le fais. J'ai connu un autre pas bon comme toé il jouait au hockey bantam maison et il traitait Dale Hunter de osti de pas bon.
Posted by: patrice gauthier- at September 15, 2006 08:35 PMTu es tu un musicien qui na jamais reussi pis té jajoux de ceux qui connaissent plus de succes que tu as eu? Ben quand ont est pas bon ben ont dénigre les autres comme tu le fais. J'ai connu un autre pas bon comme toé il jouait au hockey bantam maison et il traitait Dale Hunter de osti de pas bon.
Posted by: patrice gauthier- at September 15, 2006 08:35 PM