April 12, 2005

{~}EarPlugz 029 : Spiderbait - Tonight Alright

Après trois ans de silence, le power-trio australien le plus rockeur depuis Cosmic Psychos nous offre un album de power-pop extrême, avec une reprise explosive d'un vieux classique de Leadbelly en prime. Nos compères "aussies" ont épargné leurs sous noirs et gratté leurs fonds de tiroirs pour s'exiler en Californie le temps de travailler à la production et la réalisation de ce dernier album.

La carrière de Spiderbait a été ponctuée de bons et moins bons coups, mais il est difficile de passer à côté de leur précédent album, The Flight Of Wally Funk, très varié, dense et surtout bien exécuté, ainsi que de leur chef d'oeuvre de 1999, Grand Slam, un des meilleurs disques par un groupe rock australien toutes époques confondues (peut-être pas aussi bon que le premier The Saints tout de même).

Avec Tonight Alright, Spiderbait concentre son énergie débordante sur des morceaux pop-rock détonnants, arrimant des lignes de guitares plutôt simplistes sur une section rythmique dévastatrice, cette même section rythmique prenant en charge les paroles. La bassiste et le batteur s'échangent en effet les tâches vocales tout en laissant aller leur frénésie habituelle , ce qui ne manque pas d'électriser encore plus l'auditeur.

Toutefois, ce disque un tantinet linéaire, malgré une production impeccable et une exécution exemplaire, déçoit quelque peu sur certains aspects. D'abord, la reprise de Black Betty, tout en se rapprochant davantage des textures proto-rocksteady du blues original, ne se distancie pas assez de l'autre reprise disco-rock effectuée par Ram Jam dans les années 1970. Ensuite, au fur et à mesure que l'album avance, on finit par comprendre que tous les efforts pour cet album fournis par le groupe au cours des 3 dernières années n'avait comme but principal que la promotion au-dehors de leur pays natal. En effet, la reprise de Black Betty et l'enregistrement dans un studio à Los Angeles pour donner un son plus "boeuf" s'inscrivent dans cette démarche, alors que le trio aurait tout aussi bien pu, en 3 ans, travailler dur et fort pour arriver avec un album plus solide et plus varié encore que "Flight Of Wally Funk". Mais ceci n'est que spéculation.

Les quelques pièces qui se démarquent de ce disque sont Live In A Box Fucken Awesome qui cite à la fois les Kinks, Juliana Hatfield, les Ramones et les Go-Go’s, 5th Set, un boogie-stomp arrosé d’un déluge intermittent de guitares techno-rock dignes de Nine Inch Nails, In The City est la pièce que les Fastbacks auraient pu composer en état d’ébriété, tandis que Tonite aurait pu se retrouver sur un disque de Smashing Pumpkins et que Picky, un quasi-blues teinté de honky-tonk, fait un peu pâle figure face à ce que le groupe faisait auparavant.

En somme, Spiderbait a réussi quand même à nous donner un power-pop dissonants digne des grands noms (Big Star, Cheap Trick, Modern Lovers) interprété avec maîtrise, mais leur désir de se faire connaître hors du Down Under les a forcés à sacrifier originalité et diversité.

phononote : 6/12

Site Web de Spiderbait

Posted by phonono at April 12, 2005 02:00 AM