phonono.com {~} EarPlugz 003 :: Girls Against Boys - You Can't Fight What You Can't See (Jade Tree 1074)

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{~}EARPLUGZ - 003 - Rock moderne {~}

:: Tout vient à point à qui sait attendre
Le quatuor de GVSB a été, comme tant d'autres artistes des années 1990, avalé et recraché, accaparé puis jeté comme une vieille chaussette, par les géants de l'industrie du disque. Nos quatre compères allaient-ils survivre à leur passage chez Geffen, dont un des membres disait, un an avant la parution de Freak*On*Ica, qu'ils en étaient "cyniquement optimistes"? Comment revenir aux sources sans pour autant retourner en arrière? Il s'agissait pour le groupe de prouver que l'endurance est une grande vertu lorsqu'on est un artiste qui se respecte et qui sait se faire respecter.

Quatre ans presque jour pour jour après la sortie de leur premier et unique album avec une maison de disque multinationale, produit par un des grands noms du post-punk apocalyptique, voilà Eli, Scott, Alexis et Johnny de retour dans le caniveau. Retour chez les "indies", rebonjour Ted Niceley...
Comme avec JSBX (Jon Spencer Blues Explosion, pour les intimes) un hiatus de quatre années est une longue période d'attente, par contre, l'avantage de GVSB sur JSBX, c'est que GVSB ont développé un style de musique bien à eux (deux basses, une guitare, batterie, claviers, un chant rauque, cri chuchotant) alors que JSBX n'a fait qu'extrapoler et recontextualiser le blues et le r&b.

Résultat, on a avec You Can't Fight un album qui nous ramène le bon vieux GVSB du temps de Cruise Yourself, tandis que le même souffle novateur de Freak*On*Ica entre dans nos oreilles. L'amorce, Basstation, nous tire de notre torpeur post-InternetCraze et nous annonce que nos fesses vont avoir envie de bouger et que nos pieds vont s'endiabler. La simplicité des morceaux et leur pesanteur, si caractéristique de GVSB, nous saisit et on en veut plus. Ça tombe bien, la deuxième (All the Rage) et la quatrième (Tweaker) pièce nous en donnent pour notre argent, as they say in L.A. Eli Janney passe toujours de la basse aux claviers sans crier gare, mais on s'en fout, les deux se mélangent si bien au cocktail concocté par nos conspirateurs de la concupiscence que l'adrénaline s'amène dans notre bassin et c'est maintenant lui qui nous guide. Les seules ombres au tableau sont la quasi absence des vocalises de Janney, dont les notes en falsetto faisaient souvent contrepoids à la voix gravelée de McCloud. Miami Skyline nous donne à penser qu'il existe bel et bien un léger essouflement chez GVSB mais Resonance nous ramène immédiatement du sang dans les artères, les deux basses forçant un afflux colossal aux capillaires des tympans. La guitare de McCloud est plus acérée mais aussi plus travaillée. Kicking the Lights et One Perfect Thing donnent l'impression que la distorsion est la seule solution mais les chansons comme Let It Breathe, évoquant la douceur de Glazed-Eye (sur Cruise Yourself) et autres Sharkmeat, nous rappellent que GVSB a un côté velouté. Il ne reste de l'aventure chez les "majors" qu'une chanson coup-de-poing: One Perfect Thing. Explosif...

Les chevaliers du hardcore apocalyptico-sensuel ont réussi à tirer leur épingle du jeu, ils ont réussi aussi à ne pas demeurer amers de leur mauvaise expérience et de leur combat avec le géant G... "It's great to be a rock'n'roll star, no matter where you are".

phononote : {~~~~~~} ou 9/11

Écoutez Kicking the Lights (mp3) sur le site de Jade Tree

Site web de Girls Against Boys

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- Eric Plourde

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